Vous avez lancé un projet de site il y a huit mois. Depuis, rien n’avance, et vous n’avez pas très envie d’y repenser. Dans la plupart des cas, ce qui bloque n’a rien à voir avec l’informatique.
Le site est fini, il attend vos textes
C’est la situation la plus banale du métier. Les pages sont montées, le design est validé, et le projet s’arrête là parce qu’il manque ce qui doit aller dedans : les textes, les photos, la liste des prestations, un logo dans un format utilisable.
La bonne volonté n’a rien à voir là-dedans. On vous demande d’écrire, et écrire est un métier que vous n’avez pas. On vous demande des photos, ce qui suppose de trouver un jour où la boutique est présentable et où vous avez dix minutes devant vous. Ces deux tâches ne ressemblent pas à du travail urgent, alors elles passent après le devis à rendre et après la commande à livrer. Elles y passent depuis huit mois.
Commencez par une question simple : savez-vous exactement ce qu’on attend de vous ? Beaucoup de projets s’arrêtent parce que la demande est restée vague. « Envoie-moi tes textes » ne dit pas combien de pages, ni quelle longueur, ni dans quel ordre. Si vous ne savez pas, c’est un mail à envoyer aujourd’hui, et il débloque parfois tout à lui seul.
Écrivez cinq phrases sans chercher à bien écrire
La barre est plus basse que vous ne le croyez.
Prenez une feuille et écrivez cinq phrases : qui vous êtes, ce que vous faites, où vous le faites, pour qui, et ce qu’il faut faire pour vous joindre. Des phrases parlées, avec les mots que vous employez au téléphone quand un client vous demande ce que vous proposez. « Je répare les voitures anciennes, surtout les Renault d’avant 1990, à Coignières, et je travaille sur rendez-vous » vaut mieux que trois lignes soignées qui n’arriveront jamais.
Dix minutes, à la main, sans se relire. La règle est de ne pas s’arrêter pour chercher un mot.
Un rédacteur retravaille un texte maladroit en une heure. Devant une page blanche, il ne peut rien faire. Il lui manque les faits, le vocabulaire de votre métier, les précisions que vous êtes seul à connaître. Vos cinq phrases contiennent tout ça, même mal tournées. Les textes et les photos entrent dans ce que nous livrons quand nous faisons un site, et le travail part quand même de ce que le client nous donne, même brut.
Trois photos suffisent pour ouvrir
Un site n’a pas besoin d’un reportage complet pour ouvrir. Trois ou quatre photos font l’affaire : la devanture ou l’entrée, l’endroit où vous travaillez, une réalisation récente dont vous êtes content.
Le reste s’ajoute au fil des mois, quand l’occasion se présente. Une page d’accueil tient très bien avec deux images, à condition qu’elles montrent votre travail. Vous pouvez regarder des sites que nous avons livrés pour voir ce que ça donne.
Prenez-les cette semaine, un jour où le temps est correct. Vous n’avez pas besoin de matériel, votre téléphone suffit largement pour ce qu’on en fera.
Le rendez-vous que personne n’ose reprendre
Il reste un dernier blocage, et c’est le plus silencieux des quatre.
Vous êtes en retard de six mois. Vous n’osez plus rappeler, parce qu’il faudrait expliquer pourquoi rien n’est venu, et qu’il n’y a pas de bonne explication. En face, votre prestataire n’ose plus relancer non plus : il a écrit deux fois, il ne veut pas donner l’impression de harceler un client, alors il a rangé le dossier. Personne n’a abandonné le projet et personne ne le fait avancer.
Le déblocage tient en un mail de trois lignes. Où vous en êtes, ce que vous pouvez fournir, et une date. La date compte plus que le reste, même si elle est lointaine : elle transforme un dossier en attente en un rendez-vous, et elle donne à l’autre une raison de reprendre le travail.
Bonjour, je reprends le dossier du site. Je vous envoie les textes des pages d’accueil et de contact ainsi que quatre photos avant le 30 du mois. Dites-moi ce qu’il vous manque d’autre de mon côté.
Rien d’autre, et surtout pas d’excuses. Votre interlocuteur attend une date, rien de plus.
Un projet qui dort continue de coûter
Les gens qui cherchent votre métier dans votre ville trouvent quelqu’un d’autre. Vos clients continuent de vous demander vos horaires par téléphone. Et si vous avez déjà réservé un nom de domaine, il se renouvelle chaque année pour un site qui n’existe pas.
Il y a un moyen d’en sortir sans se précipiter : ouvrir une version courte, et compléter ensuite. Une page d’accueil, une page de contact et quelques photos, ça se met en ligne, et ça répond déjà aux questions que les gens se posent avant d’appeler. Le reste s’ajoute page par page, sans que personne ait à reprendre le projet à zéro.
À faire cette semaine
La feuille et les cinq phrases. Dix minutes, à la main, sans se relire, un soir où la journée est finie.
Les trois photos, avec votre téléphone, le premier jour de beau temps.
Puis le mail de trois lignes, avec une date que vous pouvez tenir. Si vous hésitez, prenez-la deux semaines plus loin que ce que vous aviez en tête.

