Se rendre visible dans sa ville ne demande pas d’acheter de la publicité. Ça demande surtout de corriger des choses qui sont déjà en ligne et que personne n’a regardées depuis leur création. Voici par quoi commencer, dans l’ordre où ça rapporte.

Votre fiche d’établissement, et les champs que personne ne remplit

C’est le point de départ, parce que c’est ce que la plupart des gens voient de vous avant votre site.

Les horaires viennent en premier, et surtout les horaires exceptionnels. Le 15 août, le lundi de Pentecôte, la semaine de fermeture en février : ces jours-là se saisissent à l’avance, dans un champ prévu pour. Quelqu’un qui se déplace pour rien ne vous laisse pas un mot sur la porte, il va ailleurs et il n’y revient pas.

La catégorie principale ensuite. Elle détermine dans quelles recherches vous apparaissez, et beaucoup de fiches gardent celle choisie à la va-vite le premier jour. Un salon qui fait surtout des colorations n’a pas intérêt à être rangé sous la même étiquette qu’un barbier.

Les photos comptent plus qu’on ne le croit, et les vôtres datent probablement de l’ouverture. Six photos récentes prises au téléphone, en journée, valent mieux qu’une photo professionnelle d’il y a quatre ans où l’enseigne n’est plus la bonne.

Enfin la zone desservie, si vous vous déplacez. Elle est vide sur la majorité des fiches d’artisans, et c’est elle qui décide si vous remontez pour quelqu’un qui cherche à quinze kilomètres.

Les avis, et surtout les réponses

Répondez à tous les avis. Aux bons en deux lignes, aux mauvais avec plus de soin.

Le réflexe naturel devant un mauvais avis est de se défendre, de rétablir les faits, d’expliquer que le client était de mauvaise foi. C’est le réflexe qui coûte le plus cher, parce que votre réponse ne s’adresse pas à celui qui a écrit l’avis. Il ne changera pas d’opinion. Elle s’adresse aux dix personnes qui liront la page le mois prochain et qui se demandent comment vous réagissez quand ça se passe mal.

Une réponse utile tient en trois mouvements courts : on reconnaît ce qui s’est passé, on dit ce qu’on a fait ou ce qu’on aurait dû faire, on propose de reprendre contact hors de la page. Sans ironie, sans « comme je vous l’ai expliqué », et sans jamais mettre en doute la parole du client même quand on est sûr d’avoir raison.

Un commerçant de Rambouillet qui répond calmement à un avis à deux étoiles en dit plus long sur lui que les dix avis à cinq étoiles affichés au-dessus.

Pour en obtenir de nouveaux, la seule méthode qui tienne est de demander au bon moment : à la fin d’un chantier réussi, au comptoir après un service qui s’est bien passé, de vive voix. Un client content dit oui presque toujours, et il oublie presque toujours de le faire. Un petit carton avec le lien, ou un message envoyé le soir même, règle la question sans insister.

Les mots que vos clients emploient

Personne ne tape « artisan multiservices » ni « solutions d’aménagement ». On tape ce dont on a besoin, avec le nom de sa ville : « fuite chasse d’eau rambouillet », « ostéopathe qui prend en urgence versailles », « pizza à emporter le perray ».

Vos pages doivent contenir ces mots-là, écrits comme les gens les prononcent. Le raccourci est simple : reprenez les termes exacts de vos clients au téléphone. Ce sont les bons, ils vous les donnent tous les jours.

Ça vaut aussi pour votre fiche. La description libre est l’endroit où écrire ce que vous faites en langage normal, pas en langage de brochure.

Ce qui ne sert plus à grand-chose

Autant le dire, parce qu’on vous le vendra tôt ou tard.

Les inscriptions en masse dans des dizaines d’annuaires n’apportent plus rien. Deux ou trois annuaires sérieux de votre métier suffisent, et encore, à condition que vos coordonnées y soient identiques à celles de votre fiche.

Les listes de villes empilées en bas de page, du genre « plombier Rambouillet, plombier Le Perray, plombier Coignières », ne trompent plus personne depuis longtemps, ni les moteurs ni les visiteurs.

Et payer pour apparaître en tête d’un annuaire local ne remplace pas une fiche bien tenue. Vérifiez-le vous-même : cherchez votre métier suivi de votre ville, et regardez ce qui occupe le haut de la page.

Ce travail-là, nous le faisons dans le cadre du référencement local, mais l’essentiel de ce qui précède se fait très bien soi-même, en une matinée.

À faire cette semaine

Une seule chose, et c’est celle qui rapporte le plus : ouvrez votre fiche d’établissement et corrigez vos horaires, y compris ceux du prochain jour férié.

Si vous avez dix minutes de plus, répondez à l’avis le plus ancien auquel vous n’avez jamais répondu. Il est encore lu.

Et si la fiche est à jour depuis longtemps, la question suivante est celle de ce que les gens trouvent après avoir cliqué. C’est le sujet de ce qu’un site apporte à une petite entreprise.