Beaucoup de commerçants n’ont jamais acheté leur nom de domaine : leur prestataire s’en est chargé, parfois à son propre nom. Tant que la relation se passe bien, la question ne se pose pas. Elle se pose le jour où l’on veut changer de prestataire, refaire le site, ou simplement récupérer ses adresses mail.
Le domaine, l’hébergement et le site sont trois choses séparées
Le nom de domaine, c’est votre adresse : votre-enseigne.fr. On ne l’achète pas une fois pour toutes, on la loue à l’année.
L’hébergement, c’est l’endroit où les fichiers de votre site sont rangés, sur un serveur quelque part.
Le site lui-même, ce sont les pages, les textes et les photos.
Ces trois postes arrivent souvent sur une seule facture mensuelle, et cette facture ne dit pas à quel nom chacun est enregistré. Ils peuvent parfaitement appartenir à trois personnes différentes.
Des trois, le domaine est celui qui compte le plus. Un site se refait, un hébergeur se change en une soirée. Changer de nom de domaine, en revanche, veut dire recommencer à zéro dans les résultats de recherche, réimprimer ses cartes, prévenir ses clients et perdre au passage toutes les adresses mail qui étaient rattachées.
Le vérifier vous-même, en deux minutes
Chaque nom de domaine est inscrit dans un annuaire public. On y tape son adresse et on lit deux lignes : qui l’a déposé, et jusqu’à quand.
Pour un .fr, la recherche se fait chez l’organisme qui gère l’extension, l’AFNIC. Pour un .com, un .net ou la plupart des autres, passez par l’annuaire de l’ICANN.
Ce que vous cherchez porte le nom de titulaire, parfois écrit holder ou registrant. Si le domaine est déposé au nom d’une société, ce nom s’affiche en clair, et vous saurez tout de suite si c’est la vôtre ou celle de votre prestataire.
Si le domaine est au nom d’une personne physique, les coordonnées ne sont pas publiées : vous verrez que le domaine existe et jusqu’à quand il court, sans savoir qui le détient. Dans ce cas, deux indices valent le détour. Regardez si vous avez reçu, à votre propre adresse mail, les avis de renouvellement annuels. Et demandez à votre prestataire la facture du dépôt : celui qui a déposé le domaine à son nom l’a payé, et ça se voit sur un document comptable.
Si le titulaire n’est pas vous
Ce n’est pas forcément une manœuvre. Au moment de créer un site, il est plus rapide pour un prestataire de déposer le domaine depuis son propre compte que d’ouvrir un compte au nom du client, de lui faire valider une adresse, d’attendre. Beaucoup l’ont fait par commodité, sans y penser à deux fois.
Ce qu’il faut demander tient en une phrase : le transfert du domaine à votre nom, ou à celui de votre société. Par écrit, calmement, et sans en faire une affaire. C’est une régularisation administrative, pas un conflit.
Votre prestataire doit vous communiquer un code de transfert, une suite de caractères qui autorise le déplacement du domaine vers un autre compte. Avec ce code, n’importe quel bureau d’enregistrement peut reprendre le domaine et l’inscrire à votre nom.
Faites-le tant que la relation est bonne. Une ostéopathe de Versailles qui demande son code de transfert un mardi ordinaire l’obtient en trois jours. La même demande, formulée le jour où elle annonce qu’elle part chez un confrère, devient un rapport de force où elle n’a aucune prise.
Un refus, ou un silence qui dure, vous renseigne déjà sur la suite.
Chez nous, le domaine est déposé au nom du client dès le premier jour, et il repart avec s’il s’en va. C’est une des choses que nous réglons avant même de commencer à créer le site, pour que la question ne se pose jamais.
La date d’expiration, le piège dont personne ne parle
Pendant que vous êtes dans l’annuaire, notez la deuxième ligne : la date d’expiration.
Un domaine qui n’est pas renouvelé cesse de fonctionner du jour au lendemain. Le site devient introuvable, et les adresses mail rattachées au domaine s’arrêtent en même temps. C’est ce second point qui surprend le plus : on peut vivre quelques jours sans site, beaucoup moins bien sans recevoir son courrier.
Les avis de renouvellement partent à l’adresse de contact enregistrée avec le domaine. Si cette adresse est celle de votre prestataire, ou une vieille boîte que personne n’ouvre, ces avis ne vous atteindront jamais. Vérifiez donc aussi cette adresse, pas seulement la date.
Après l’expiration, il existe une période pendant laquelle on peut encore récupérer le nom, moyennant des frais. Passé ce délai, il redevient disponible pour n’importe qui, et il arrive que des noms d’enseignes connues localement soient repris par des tiers. Cette période fait partie de ce qu’un suivi régulier du site surveille, au même titre que les mises à jour.
À faire cette semaine
Tapez votre nom de domaine dans l’annuaire correspondant à son extension et lisez deux lignes : le titulaire et la date d’expiration.
Si le titulaire n’est pas vous, écrivez à votre prestataire pour demander le transfert. Un message court, sans reproche, aujourd’hui plutôt que le jour où vous en aurez besoin.
Et notez la date d’expiration quelque part où vous la reverrez : dans votre agenda, avec un rappel un mois avant.
Pendant que vous avez les papiers sous les yeux, écrivez aussi les quatre informations à avoir sous la main le jour d’une panne. Le domaine en fait partie, et la feuille se remplit une bonne fois pour toutes.

